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Essai BMW M 550d

Avril 2012 - David Barbi - Crédits photos Anthony Barbi

Mariage consenti

Qu’on soit Béhèmiste ou non, il faut reconnaître au constructeur bavarois un certain don pour construire des mécaniques enjouées adeptes des hauts sommets himalayens. En effet, la firme munichoise et sa filiale M GMBH sont devenues au fil des années des motoristes de renom grâce à une arme redoutable : un 6 cylindres en ligne, mécanique chère à BMW décliné en essence ou diesel tantôt simple ou bi-turbo. Pour ne pas faire mentir le célèbre adage jamais deux sans trois, c’est une inédite version tri-turbo qui anime aujourd’hui notre berline série 5. Comme pour enfoncer le clou la M550d devient au passage la berline diesel la plus puissante au monde (on omettra volontairement le Cayenne S Diesel de 382 chevaux et son gros V8 qui ne boxe pas dans la même catégorie). Venant se placer entre l’homogénéité d’une 535d et la bestialité d’une M5, la M550d inaugure une nouvelle division M-Performance : un mariage de technologie, de luxe et de grand tourisme. Et en diesel s’il vous plaît. La question qui nous brûle les lèvres est la suivante la M550d est-elle un fantastique outil marketing ou une réelle révolution ?

Sport chic…

Ceux qui jugeaient la M5 trop ostentatoire avec ses 4 larges sorties d’échappement et ses ouïes latérales, ou qui trouvaient la 550i trop classique vont être comblés. La M550d réussit la parfaite osmose entre classe et sportivité. Elle reprend les codes stylistiques du pack M (en option sur une classique série 5) et y ajoute une dose d’individualité. Ainsi les entrées d’airs avant abandonnent les antibrouillards au profit d’aérateurs majorés soulignés d’une ailette. Les sorties d’échappement rectangulaires reçoivent un joli traitement sombre et viennent encadrer le parechoc sport, le coffre reçoit quant à lui un discret béquet. Enfin, la traditionnelle calandre « en haricot » et les coques de rétroviseurs reçoivent un traitement gris laqué du plus bel effet. On vous l’a dit la série 5 M-Performance n’est pas ostentatoire, elle s’adonne à la sportivité sans dénaturer sa plastique. Certains regretteront le côté ultra sportif d’une M5 facturée plus de 25 000 € supplémentaires. Nous aimons le parti-pris de respecter le positionnement intermédiaire de cette M550d et adorons le style. Quel plaisir d’harponner les GT avec une série 5 diabolique qui ressemble à une simple 520d équipée du pack M ! Cette synthèse sport/luxe se retrouve dans le traitement de l’habitacle. Pour le coup l’équipement de notre modèle d’essai transfigure l’intérieur de la série 5 en cockpit de jet : Ecran 16/9, GPS, Idrive, instrumentations spécifiques et caméra de recul… La belle ne lésine pas sur le luxe, notamment au niveau de la sellerie en cuir blanc qui donne une touche fluide à cet habitacle. Côté sport, on retrouve les inserts type aluminium et une position de conduite toujours optimale. Le volant à la jante épaisse garni de surpiqures aux couleurs de M GMBH offre une prise en main parfaite et les palettes de la « géniale » boîte automatique à 8 rapports sont accessibles. Comme toujours et cela même sur les modèles à vocation sportive, l’habitacle transpire plus le luxe que la sportivité. Cela dit, les acheteurs de ce type de voitures tiennent à conserver un certain confort.

Au final, la M550d arbore un style dans la continuité de la M135i, à l’intérieur comme à l’extérieur. On retrouve un bon compromis entre radicalité des modèles M et sobriété d’une gamme classique. On regrettera juste la qualité des inserts sur notre modèle d’essai : un bel aluminium brossé eu été du plus bel effet, quand bien même la finition BMW a fait un bond en avant. D’autant plus sur ce modèle M-Performance qui se hisse au niveau des meilleurs standards.

Née sous X…

Toute M qu’elle soit la 550d impose la transmission intégrale et la boîte automatique. J’entends déjà les intégristes du M monter au créneau. On le redit, la BMW M-Performance est une classe à part et ce qui est sûr c’est qu’elle impressionne par son niveau de technologie embarquée et sa fiche technique. La transmission intelligente Xdrive confère à la Baby M une stabilité et une sensation de sécurité qui impressionnent pour un modèle de cette puissance. La boîte auto ZF à 8 rapports se montre toujours aussi rapide et docile et égrène des passages de rapports avec une vitesse et une fluidité assez étonnantes. La gestion offre plusieurs modes que nous avons, il est vrai, survolé pour nous cantonner au mode sport qui raffermit le châssis et augmente la réactivité du moteur. L’âme de cette M550d Xdrive s’exprime dans le fameux 6 cylindres Tri-turbo de 381 chevaux. Ce qui interloque d’emblée, c’est la puissance générée par ce 3.0 litres diesel de quasiment 400 chevaux, soit un rendement au litre de 127 chevaux et un couple de plus de 75 Mkg disponible dès 2000 tours. Autant vous dire que les départs arrêtés s’annoncent canon ! Comme à l’accoutumée dans les motorisations BMW, l’agrément du groupe motopropulseur et le feeling de conduite vous décrochent un sourire malgré vous. Cependant, après quelques dizaines de kilomètres au volant de la super berline sur les routes en lacets, un constat s’impose la M550d n’est pas une pure sportive. Certes, elle tient plus du missile que de la berline mais son comportement est trop confortable, trop rassurant. Pour une M elle se place au millimètre, gomme le survirage est se montre moins joueuse. On délaisse alors les routes sinueuses pour s’aventurer sur autoroute. La belle file à des vitesses inavouables dans un confort souverain. Les relances sont jubilatoires et la motricité toujours exemplaire… Merci le Xdrive ! La M550d finit de nous emporter sourire aux lèvres dans son univers superlatif où tout est ultra performant, ultra confortable et ultra luxueux. Le trop serait-il l’ennemi du bien ? On se surprend à rechercher les montées en régime et les déhanchés de sa grande sœur. Certes le 6 cylindres diesel ne prend pas les tours comme son grand frère V8, certes la transmission et la boîte auto alourdissent la berline mais dans son ensemble la M550d procure un plaisir de conduite indéniable et révèle une polyvalence incroyable pour une voiture capable d’expulser le 0 à 100 km/heures en 4,7 secondes.

On a aimé :

  • Moteur exceptionnel
  • Confort et position de conduite
  • Look sportif et élégant

On a moins aimé :

  • Poids important
  • Consommation importante en usage sportif
  • Tarifs qui s’envolent avec les options

Alors même si elle n’est pas une pure sportive la M550d est la symbiose parfaite entre le luxe et le confort de conduite d’une vraie BMW et la performance et l’exclusivité des modèles M GMBH, en profitant en prime du prix du Mazout.

On M…

Cette M550d a beau être à cheval entre deux philosophies elle reste une véritable vitrine technologique pour la firme bavaroise. Diesel tonitruant, couple monstrueux, confort et sécurité active bluffants, c’est M550d a tout du péché mignon. On peut certes lui reproché son manque de fun pour un modèle badgé M mais les performances hallucinantes et l’agrément de ce 6 cylindres tri-turbo finissent de nous convaincre du bien-fondé des modèles M-Performance. Qui plus est, à Luxembourg ce modèle a toute les chances de truster les ventes de par ses prestations extraordinaires et sa sobriété intrinsèque.

Données techniques
Moteur :  6 cylindres en ligne 2993 cm³ Trois turbos
Puissance : 381 chevaux
Couple : 75 Mkg à 2000 tours/minutes
Transmission : intégrale type Xdrive boîte auto à 8 rapports
Poids : plus de 2 tonnes
Consommation mixte : 11 l/100 km lors de l’essai
Prix de base : 79929,75

Nous remercions le garage Muzzolini à Esch sur Alzette pour le prêt de cette voiture qui est d’ailleurs toujours en vente à l’heure où nous écrivons cet article.